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Agence data-driven : ce que cette promesse suppose réellement
Une dépêche publiée par Databricks aborde l'usage d'un assistant analytique par des responsables marketing, sans que le détail en soit public ici. Pour une entreprise qui compare des agences, le point utile est de savoir ce que recouvre vraiment la mention data-driven dans une proposition commerciale.
La dépêche référencée en source est publiée par Databricks et porte sur l'usage de la donnée par des responsables marketing au moyen d'un assistant analytique. Seuls le titre et le média sont disponibles ici : la méthodologie, le périmètre et les conditions de mesure ne sont pas repris. Le signal exploitable pour un annonceur ne tient donc pas au produit cité, mais à la tendance qu'il illustre, celle d'équipes marketing qui interrogent directement leurs données plutôt que d'attendre un rapport intermédiaire.
Dans les réponses à appel d'offres, la mention data-driven figure aujourd'hui dans la quasi-totalité des propositions d'agences de communication, de marketing ou de web. Elle recouvre pourtant des réalités très différentes : une agence peut se contenter d'installer une balise de mesure et d'exporter des captures d'écran, ou au contraire structurer un plan de taggage, documenter les conventions de nommage et rattacher chaque action à un indicateur d'affaires. La formule seule n'apporte donc aucune information de comparaison.
Un premier critère de tri consiste à demander qui produit la donnée et où elle est stockée. Une agence qui travaille sur les outils de l'annonceur, avec des comptes détenus par l'annonceur, laisse une trace exploitable après la fin du contrat. Une agence qui travaille sur ses propres comptes, ses propres connecteurs et son propre entrepôt crée une dépendance : la fin de la mission peut alors signifier la perte de l'historique de mesure, donc la perte de la capacité à comparer les périodes.
Le deuxième critère porte sur la définition des indicateurs. Une agence réellement outillée sur la donnée sait expliquer comment est comptée une conversion, ce qui est attribué à quel canal, quelle fenêtre d'attribution est retenue et ce qui est exclu du périmètre. À l'inverse, une proposition qui promet un pilotage par la donnée sans jamais nommer un modèle d'attribution ni une source de vérité laisse l'annonceur juge de résultats qu'il ne peut pas contrôler.
Le troisième critère est l'autonomie laissée à l'équipe interne. L'intérêt d'un dispositif de mesure bien construit est que la direction marketing puisse poser ses propres questions sans passer par une demande de prestation. Une agence peut soutenir cette autonomie en livrant des vues documentées et une formation courte, ou la restreindre en conservant la main sur l'ensemble des requêtes. Ce point se négocie au moment du brief, pas en fin de contrat.
Vient ensuite la question de la conformité. Dès qu'une agence manipule des données d'audience ou de clientèle, le cadre applicable est celui du règlement général sur la protection des données et des règles françaises sur les traceurs. Le contrat doit préciser qui est responsable de traitement, qui est sous-traitant, quelles finalités sont couvertes, quelle durée de conservation s'applique et où les données sont hébergées. Une agence qui ne sait pas répondre à ces questions expose l'annonceur, pas seulement elle-même.
Enfin, la comparaison gagne à porter sur des livrables et non sur des intentions. Demander un exemple anonymisé de plan de mesure, une capture d'un tableau de bord réellement utilisé par un client et la liste des outils maîtrisés par les personnes qui interviendront permet de distinguer une compétence installée d'un argument de vente. Deux agences au même budget peuvent proposer des niveaux de maturité analytique très éloignés, et cet écart se lit dans les pièces produites.
Questions fréquentes
Que vérifier quand une agence se présente comme data-driven ?
La propriété des comptes et des données, la définition écrite des indicateurs, le modèle d'attribution retenu, la documentation du plan de mesure et le niveau d'autonomie laissé à l'équipe interne.
Faut-il que les outils de mesure appartiennent à l'entreprise ou à l'agence ?
Il est préférable que les comptes soient détenus par l'entreprise, l'agence disposant d'un accès délégué. L'historique de mesure reste ainsi disponible après la fin de la mission.
Ce sujet relève-t-il du RGPD ?
Oui dès que des données personnelles ou des traceurs sont concernés. Le contrat doit alors désigner le responsable de traitement, le sous-traitant, les finalités, les durées de conservation et le lieu d'hébergement.
Sources
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