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· 3 min de lecture

Après l'économie de l'attention, l'hypothèse d'une économie du goût

Le site Comarketing-News pose la question d'un basculement de l'économie de l'attention vers ce qu'il désigne comme une économie du goût. Pour une entreprise, cette hypothèse a des implications concrètes sur la manière de formuler un brief et d'évaluer une agence.

Comarketing-News a publié en septembre 2026 un article interrogeant la possibilité d'un passage de l'économie de l'attention à une économie du goût. Le média pose la question sous forme interrogative, sans trancher dans le titre. Le détail de l'argumentation et les éventuelles données citées ne sont pas repris ici.

L'expression d'économie de l'attention désigne un cadre d'analyse répandu depuis plusieurs années : dans un environnement saturé de contenus, la ressource rare n'est plus l'information mais le temps de cerveau disponible, ce qui conduit les marques et les plateformes à optimiser la captation de l'attention. Ce cadre a fortement influencé les indicateurs utilisés en communication numérique.

L'idée d'une économie du goût déplace le raisonnement. Elle suggère que, lorsque la production de contenus devient abondante et peu coûteuse, notamment avec les outils génératifs, la valeur se déplace vers la capacité à sélectionner, à hiérarchiser et à donner une direction esthétique ou éditoriale identifiable. Autrement dit, le discriminant ne serait plus le volume produit mais la qualité du choix.

Pour une entreprise qui consulte des agences, cette hypothèse a une traduction opérationnelle assez directe. Un prestataire capable de produire beaucoup de contenus à faible coût ne se distingue plus par ce seul critère, ces capacités étant de plus en plus accessibles. Le point de différenciation devient la cohérence du parti pris éditorial et la capacité à l'appliquer de manière constante sur l'ensemble des supports.

Cela invite à faire évoluer la façon dont un brief est rédigé. Plutôt que de spécifier uniquement un volume de livrables mensuels, il devient utile de décrire la position de marque recherchée, les références qui l'inspirent, ce que l'entreprise refuse de produire, et le niveau d'exigence attendu sur la direction artistique. Ces éléments sont ceux que les agences peuvent réellement travailler.

En phase d'évaluation, quelques questions permettent de tester cette dimension. Comment l'agence arbitre-t-elle entre plusieurs pistes créatives ? Sur quels critères écarte-t-elle une proposition ? Comment garantit-elle la cohérence entre les contenus produits par différents intervenants ? Les réponses apportées renseignent davantage sur la méthode que sur le seul niveau créatif d'un book.

La question de l'usage des outils génératifs mérite d'être posée explicitement. Il est légitime de demander à une agence si et comment elle mobilise ces outils, à quelles étapes, avec quel contrôle humain et quelle transparence vis-à-vis du client. Ce point relève autant de la qualité du rendu que de la sécurité juridique des contenus livrés.

L'article de Comarketing-News formule une hypothèse plutôt qu'un constat chiffré. Elle rejoint néanmoins une préoccupation exprimée par de nombreux annonceurs : à mesure que la production de contenus se banalise, la valeur ajoutée attendue d'une agence se déplace vers le conseil, l'arbitrage et la cohérence d'ensemble.

Questions fréquentes

Qu'entend-on par économie du goût ?

L'idée que, la production de contenus devenant abondante et peu coûteuse, la valeur se déplace vers la capacité à sélectionner, hiérarchiser et tenir une direction éditoriale identifiable.

En quoi cela change-t-il un brief agence ?

Le brief gagne à décrire la position de marque, les références et les partis pris refusés, plutôt que de se limiter à un volume de livrables mensuels.

Faut-il interroger une agence sur son usage de l'IA générative ?

Oui. Demandez à quelles étapes ces outils interviennent, quel contrôle humain s'applique et quelle transparence est prévue, pour des raisons de qualité comme de sécurité juridique.

Sources

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