· 3 min de lecture
Communication de crise : le rôle d'une agence quand un post dérape
Selon une dépêche du Figaro, le groupe breton Hénaff a publié sur les réseaux sociaux un message mettant en cause La Poste au sujet de colis volés, avant de le retirer. Au-delà du cas particulier, l'épisode illustre ce qu'une entreprise attend concrètement d'une agence lorsqu'une publication sort du cadre prévu.
La dépêche du Figaro rapporte deux faits : une prise de parole publique du groupe Hénaff mettant en cause La Poste à propos de colis volés, puis le retrait de ce message. Le détail des échanges et les motivations de chaque acteur ne sont pas connus ici, et rien ne permet de leur prêter une intention particulière. Le cas se lit donc comme une situation professionnelle courante, pas comme une polémique.
Une publication qui met en cause un partenaire commercial ne relève pas du seul registre éditorial. Elle touche la relation contractuelle avec ce partenaire, la perception de la marque auprès de ses clients et, éventuellement, des sujets juridiques liés à la mise en cause publique d'un tiers. C'est précisément ce croisement qui définit le périmètre d'une mission de communication de crise.
Dans une organisation qui externalise tout ou partie de son social media, plusieurs configurations existent. L'agence peut se limiter à la production de contenus, assurer la modération et la réponse aux commentaires, ou intervenir en amont sur la doctrine de prise de parole. Ces trois niveaux n'engagent pas les mêmes compétences et ne se facturent pas de la même façon : ils doivent être distingués dans le contrat.
Pour une entreprise qui compare des prestataires, la question utile n'est pas « savez-vous gérer une crise » mais « comment » : qui est joignable en dehors des horaires de bureau, sous quel délai, avec quel interlocuteur décisionnaire côté client, et selon quelle procédure écrite. Une réponse vague sur ce point est un signal, indépendamment de la qualité créative des références présentées.
Un deuxième critère porte sur la traçabilité. Les agences qui opèrent des comptes de marque documentent en général les publications, les versions validées et l'historique des modifications. Cette traçabilité sert d'abord à reconstituer une chronologie factuelle si un épisode se produit, et à éviter que la discussion entre client et agence se réduise à des souvenirs divergents.
Le troisième critère est la capacité à dire non. Une agence dont le modèle repose uniquement sur le volume de publications a moins d'intérêt à freiner une prise de parole risquée qu'une agence rémunérée sur un accompagnement plus large. Ce point mérite d'être abordé au moment de la négociation, en même temps que la structure d'honoraires.
Enfin, la crise ne se limite pas au réseau social où elle démarre. Un message repris par la presse change d'échelle et mobilise d'autres compétences : relations presse, communication interne, service client, voire direction juridique. Une entreprise a intérêt à savoir si son agence couvre ces volets, s'appuie sur des partenaires, ou laisse ce périmètre à l'interne.
En pratique, l'épisode rapporté par Le Figaro n'apporte pas de méthode toute faite. Il rappelle surtout qu'une prise de parole publique impliquant un tiers doit être traitée avec le même sérieux qu'une décision commerciale, et que le prestataire retenu doit être choisi aussi sur sa capacité à encadrer ce type de décision.
Questions fréquentes
Une agence social media gère-t-elle par défaut la communication de crise ?
Non. La gestion de crise est une prestation distincte de la production de contenus et de la modération courante. Elle doit être explicitement inscrite dans le contrat, avec un périmètre, des délais de réaction et un interlocuteur identifié.
Que vérifier dans un contrat sur ce point précis ?
Les horaires de joignabilité, le délai d'intervention, la chaîne de validation en urgence, la traçabilité des publications et la répartition des responsabilités entre l'agence et l'entreprise en cas de contenu litigieux.
Faut-il une agence spécialisée ou une agence généraliste ?
Cela dépend de l'exposition de l'entreprise. Une marque grand public très commentée peut justifier une compétence dédiée, tandis qu'une structure moins exposée peut s'appuyer sur une agence généraliste disposant d'une procédure formalisée.
Sources
Besoin d'une agence sur ce sujet ?
Comparer les agences