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· 3 min de lecture

Offre d'agence avec IA : les questions à poser avant de signer

Le discours commercial des grands acteurs de l'intelligence artificielle est analysé par Radio France comme un ressort marketing. Côté acheteur, la réponse pratique tient en une série de questions factuelles à poser avant de contractualiser avec une agence.

La dépêche de Radio France porte sur la dimension marketing du discours des géants de l'intelligence artificielle, sans que son contenu détaillé soit connu ici. Pour une entreprise en phase de sélection, l'utilité de ce constat est opérationnelle : quand un argument devient générique, seules des questions précises permettent de différencier les propositions reçues.

Première série de questions, sur les outils. Quels outils sont utilisés, à quelle étape, et sous quel type d'abonnement. S'agit-il d'outils grand public, d'offres professionnelles, ou de développements propres à l'agence. Ces outils sont-ils inclus dans le prix ou refacturés. Si la prestation dépend d'un outil tiers, que se passe-t-il en cas de changement de tarif, d'arrêt du service ou d'évolution des conditions d'utilisation.

Deuxième série, sur les données. Quelles données de l'entreprise sont transmises à ces outils : contenus publics, documents internes, fichiers de contacts, données de clients. Où sont-elles hébergées et pour quelle durée. Sont-elles susceptibles d'être réutilisées pour l'entraînement de modèles. Un sous-traitant existe-t-il, et est-il mentionné au contrat. Ces éléments relèvent du cadre européen de protection des données personnelles dès lors que des données identifiantes sont concernées.

Troisième série, sur la relecture humaine. Quelles étapes font l'objet d'un contrôle humain et par quel profil. Sur quels critères un livrable est-il validé : exactitude factuelle, conformité à la charte, respect des mentions obligatoires, absence de similitude avec des contenus existants. Qui signe la validation avant diffusion. Que se passe-t-il si une erreur passe en production.

Quatrième série, sur l'engagement. Le prestataire s'engage-t-il sur un volume livré, sur des délais, ou sur un résultat. Un engagement sur des positions dans les moteurs de recherche ou sur un niveau de trafic doit être examiné avec prudence, ces résultats dépendant de facteurs extérieurs. Un engagement de moyens documenté, avec des indicateurs de suivi, est généralement plus crédible qu'une garantie de performance.

Cinquième série, sur la propriété et les droits. À qui appartiennent les contenus produits, les prompts et méthodes développés pour la mission, les modèles éventuellement paramétrés sur les données de l'entreprise. Le contrat prévoit-il une cession de droits explicite sur les livrables. Quelles garanties le prestataire apporte-t-il en cas de réclamation d'un tiers sur un contenu ou un visuel généré.

Sixième série, sur la tarification. Le prix est-il au forfait, au volume ou au temps passé. Comment sont facturées les itérations supplémentaires. Comment la tarification évolue-t-elle si les outils employés changent. Si un gain de productivité est mis en avant, la question de sa répartition entre le prestataire et le client peut être posée directement, sans que la réponse soit nécessairement une baisse de prix.

Septième série, sur la réversibilité. Si la mission s'arrête, quels éléments l'entreprise récupère-t-elle : fichiers sources, accès aux comptes, documentation des processus, historique des campagnes. Un dispositif largement automatisé mais entièrement logé chez le prestataire crée une dépendance qu'il est préférable d'évaluer avant la signature. Ces sept séries de questions tiennent sur une page et peuvent être annexées au brief. Une remarque de méthode s'y ajoute : la qualité des réponses compte autant que leur contenu. Un prestataire qui distingue clairement ce qu'il maîtrise, ce qu'il sous-traite et ce qu'il ne peut pas garantir donne un signal utile, alors qu'une réponse uniformément affirmative à toutes ces questions constitue en général un motif de vérification supplémentaire.

Questions fréquentes

Peut-on demander à une agence de nommer les outils d'IA qu'elle utilise ?

Oui, c'est une question légitime, notamment quand des données de l'entreprise sont transmises à ces outils. Le refus de répondre est en soi une information à prendre en compte.

Une agence peut-elle garantir un résultat grâce à l'IA ?

Un engagement de résultat sur du trafic ou des positions dépend de facteurs extérieurs au prestataire. Un engagement de moyens documenté, avec indicateurs de suivi, est plus vérifiable.

Que prévoir en cas de fin de mission ?

La restitution des fichiers sources, des accès aux comptes, de l'historique des campagnes et de la documentation des processus, prévue au contrat plutôt que négociée au moment du départ.

Sources

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